
01/05/2008 |
Hervé Macke
Hervé Macke est un homme de défis. Un sens de la compétition et du travail qu’il a largement éprouvé sur les pistes de VTT avant de prendre les commandes d’une petite entreprise qui roule : Magelan.
Pouvez-vous nous parler des origines de votre projet ? Comment votre expérience personnelle a-t-elle déclenché l’idée du MTC ?
Je projetais depuis l’adolescence d’être champion cycliste. À 16 ans, le sport et la nature étaient mes passions. Une passion qui conjuguait connaissance de soi, gestion du souffle et de l’effort. Je vois le sport comme une performance à la fois physique, intellectuelle et tactique. En 1994, alors que je participais aux Championnats Poitou-Charentes, j’ai eu un accident de VTT me rendant paraplégique. Après cela, j’ai refusé de changer de mode de vie. Je voulais continuer à voyager, à être actif, à faire du sport et le déclic m’est venu un jour où j’essayai un fauteuil roulant d’athlétisme. J’ai roulé dans l’herbe et réussi à monter un trottoir. Cette facilité de mouvement m’a ouvert les yeux. En greffant une troisième roue à l’avant du fauteuil, tout type d’obstacles devenait franchissable. Puis j’ai commencé à vouloir créer un fauteuil tout-terrain, avant de penser à l’association d’un fauteuil de ville et d’une roue avant modulable.
Quel est le concept exact du Module Tout Chemin ?
Cette troisième roue se présente finalement comme une sorte de « prothèse ». Elle offre de nombreux avantages en comparaison des fauteuils « tout terrain » que l’on trouve sur le marché et s’adapte, par système de « clips », sur n’importe quel équipement avec une grande facilité. L’unité est par ailleurs très légère et se range dans un étui de la taille d’un sac de sport. Dans l’utilisation proprement dit, mes clients sont unanimes pour reconnaître que le MTC permet de gagner en amplitude et en mobilité. Il devient donc le « compagnon » idéal pour toutes les sorties plein air convenant autant à une pratique sportive qu’à la simple randonnée. Pour ce qui me concerne, le MTC a été un vrai « sésame ». Je suis notamment parti en Jordanie, en Israël visitant des sites particulièrement escarpés et difficilement accessibles. S’il me comble sur le plan personnel il a aussi été un vrai tremplin dans ma vie professionnelle.
Vous avez connu de grandes satisfactions avec le MTC ?
C’est le moins que l’on puisse dire. J’ai commencé tout petit, avec de simples plans et des prototypes un peu branlants et le résultat aujourd’hui est au dessus de mes espérances. Ce parcours du combattant a commencé en 2001 lorsque j’ai intégré l’Ecole Régionale des Projets de la région Poitou-Charentes. Ensuite, les choses se sont enchaînées très vite. Prix du Ministère de la Recherche, récompense au concours Lépine… Les financements ont afflués et les rencontres aussi. Celle de Thierry Genetier a été particulièrement décisive. Nous nous sommes d’ailleurs associés en 2004 baptisant l’entreprise « Magelan », un nom inspiré de la contraction de nos deux patronymes et du mot élan. Notre slogan : « un horizon de liberté ».
Et aujourd’hui, où en est l’entreprise ? Quels sont vos objectifs ?
Le MTC est commercialisé depuis mai 2005 et plus de 700 modèles ont déjà été vendus ce qui est une grande réussite. Pour 2008, nous arrivons en mai avec un chiffre d’affaires égal à celui de toute l’année 2007. Le produit reste unique sur le marché et nous souhaitons à présent le faire connaître à un public plus large. Plus de 1,5 millions de personnes sont en fauteuil roulant en France et c’est à eux que Magelan s’adresse. À tous ceux qui veulent aller de l’avant. Le handicap sous-entend une transition physique, un réapprentissage du quotidien. J’ai un rôle de facilitateur en proposant un outil qui permet à une personne à mobilité réduite de rester le plus autonome possible.
Aujourd’hui, l’entreprise est en pleine restructuration. Avec la croissance des ventes, il est essentiel de se positionner plus largement sur le territoire. Magelan exporte ses produits par le biais de la société américaine Spokes ’n Motion. Une activité qui représente environ un tiers de notre chiffre d’affaires. Au niveau local, je m’investis dans le conseil et l’orthopédie. Ma situation devient alors un avantage face à la concurrence. Que ce soit pour réparer un fauteuil ou commander un modèle spécialisé, il faut être à l’écoute des besoins de l’utilisateur. Le plus gratifiant c’est de voir un enfant arriver en fauteuil, essayer le MTC pendant quelques heures, et repartir avec « la banane ».
Decouvrez le site de Magelan en cliquant sur le lien ci-dessous
http://www.magelan.fr/